Appel Les temporalités du nocturne

Appel à textes Les temporalités du nocturne

Catégorie : Non classifié(e)

La nuit au cœur de réels enjeux économiques, notamment en milieu urbain

La colonisation progressive de la nuit par l’homme (Melbin, 1978; Gwiazdzinski, 2017) crée de nouveaux espaces de travail et de loisirs. C’est à partir de la seconde moitié des années 1990 que la nuit urbaine, spécialement en centre-ville, émerge dans les débats scientifiques sur la ville contemporaine au travers du concept d’économie de nuit, la Night-Time-Economy (NTE). La NTE, qui regroupe les activités économiques ayant lieu en soirée et la nuit, est issue d’une volonté politique des villes du nord de l’Angleterre de générer un espace urbain plus adapté aux pratiques et usages récréatifs des jeunes. Pourtant travailler le soir, la nuit reste encore dans la plupart des pays de l’UE – pour ne parler que de l’UE – une exception à la loi ou aux conventions (Eurostat, 2016).

La nuit sera également le sujet privilégié des prochaines Assises du GIS Études touristiques le 1er juillet 2022 à Nantes.

Axes de recherche

La revue Temporalités pense aborder ce sujet sous quatre grands axes:

  • Encadrer la nuit: Comment ces politiques temporelles impactent-elles ces professionnel-le-s? Comment la nuit, en tant que temps et espace de travail, de fête et de repos, est-elle habitée? Comment est-elle régulée aujourd’hui? Comment les modes de régulations de la nuit ont-ils évolué au cours de l’histoire? La nuit permet-elle davantage le développement d’activités considérées comme informelles et/ou «déviantes»? Quels espaces échappent-ils aux différents processus de réglementation et d’encadrement de la nuit? En quoi cette part d’informel diffère-t-elle dans le temps et selon diverses régions du globe?
  • Travail nocturne: C’est l’occasion d’analyser les frontières entre la nuit et le jour, entre travail et hors travail, celles d’aujourd’hui ainsi que celles d’hier. Entre la nuit et le jour, observe-t-on une continuité ou une rupture? L’aube, l’aurore et le crépuscule, sont-ils des espaces et des temps différents ou intermédiaires, de passage? Modifient-ils le travail? Comment affectent-ils l’articulation vie privée, vie professionnelle? La «diurnisation» de la nuit s’est-elle accélérée avec le numérique? Comment? Si ce phénomène de «diurnisation» relève principalement des espaces urbains, qu’en est-il des mondes ruraux?
  • Écologie temporelle et environnementale: Quelles sont les temporalités de l’«éclairer juste» selon les groupes sociaux et selon les territoires? Les calendriers des uns et des autres sont-ils compatibles avec l’urgence environnementale de certains espaces? Comment s’articulent-ils?
  • Perception et imaginaire: Lumière déformante, jeux d’ombres, son amplifié ou absence de son, corps recroquevillés ou qui exultent, en quoi les corps et les affects se transforment-ils dans la pénombre et l’obscurité? Comment les arts et la culture sont-ils vécus par les usagers et leur(s) créateur(s)? Leurs relations se métamorphosent-elles ? Dans quels contextes la nuit peut-elle être conçue comme le moment de subversion du jour? Comment, la nuit, était-elle perçue, appréhendée aux siècles précédents (cf. les travaux de Ginzburg; Ménager 2005)? Qu’est-ce que son illumination a produit sur les rapports au temps nocturne au cours de l’histoire (de Baecque, 2015)? Comment l’écriture et les arts mettent-ils en scène la nuit? En quoi son traitement dans la peinture, le théâtre, le cinéma, la littérature varie-t-il dans le temps et dans l’espace et, en particulier, selon que la scène se déroule en ville ou à la campagne? Enfin, existe-t-il des pratiques et des perceptions exclusives au nocturne?

Modalités de soumission

Les auteurs devront envoyer leur proposition d’article aux coordinateurs du numéro Véronique Marchand (veronique.marchand@univ-lille.fr) et Mélanie Roussel (melanie.roussel@univ-lille.fr), avec copie au secrétariat de rédaction de la revue Temporalités (temporalites@revues.org).

Cette proposition, composée d’un titre et d’un résumé d’une page en français ou en anglais du projet d’article (5.000 signes maximum), ainsi que du nom, des coordonnées et de l’affiliation institutionnelle de l’auteur ou autrice, est attendue d’ici le 30 septembre 2022.

En savoir plus sur les procédures de la revue: ici.

Calendrier pour participer au numéro spécial

  • Réception des propositions (résumés de 5.000 signes maximum): 30 septembre 2022
  • Réponse des coordinateurs: octobre 2022
  • Réception des articles (50.000 signes maximum): janvier 2023
  • Retour des expertises des évaluateurs: mars 2023
  • Version révisée: avril 2023
  • Sortie du numéro: juin 2023