Projet scientifique

Le projet scientifique s’articule autour de 4 axes de recherche.

Axe 1 : Le tourisme comme clef de compréhension des permanences et des transformations sociétales et économiques

Cet axe interroge les modalités différenciées de pratiques touristiques, les logiques de permanence et de continuité ou, au contraire, de transformation et de recomposition des sociétés. Les mutations des territoires, de l’emploi, du management et des trajectoires professionnelles ainsi que l’évolution des régulations politiques du tourisme, du local à l’international, sont autant d’entrées thématiques permettant d’alimenter la réflexion sur le rôle du tourisme dans les logiques de reproduction/transformation des espaces et des sociétés. À travers ces différents questionnements, l’axe 1 permettra d’alimenter une réflexion théorique sur les liens entre tourisme et changements globaux (changement climatique, extension des mobilités, révolution numérique, changement politique, socio-économique ou managérial). Il s’agira notamment de mettre en évidence l’apport des études touristiques à la compréhension des phénomènes dits « d’émer-gence » ou de « transition », au centre de débats dans de nombreux champs disciplinaires.

Axe 2 : Penser le tourisme pour penser les inégalités, les injustices et les conflits

Il s’agit d’étudier la « répartition » différenciée des phénomènes touristiques, émetteurs et récepteurs, dans leurs continuités et leurs ruptures, en croisant les approches de nature sociologique, géographique, historique, économique, écologique, patrimoniale, juridique, gestionnaire. Les points d’entrée peuvent être les personnes et les groupes sociaux (partants et non partants), les entreprises (y compris dans les dimensions emploi et travail), les produits et les marchés, les hébergements, les modes de transport, les NTIC, les usages de l’espace, les territoires, les activités sportives ou culturelles, les temporalités, les paysages, etc. Dans la mesure où le tourisme constitue un prisme d’observation des dynamiques sociales, l’étude des fractures touristiques constitue également une entrée privilégiée pour l’analyse des clivages sociaux, des tensions socio-politiques, des concurrences comme des conflits dont le phénomène touristique peut être à la fois l’enjeu, le produit et le révélateur.

Axe 3 : Inventer et ré-inventer le tourisme

L’axe « Inventer & Ré-inventer le tourisme » propose de questionner les modèles, processus et outils par lesquels les entreprises du secteur et les collectivités territoriales peuvent imaginer et porter des offres compétitives tout en renouvelant radicalement les formes organisationnelles capables de les produire. Identifier ou construire les cadres d’analyse permettant de décrire et comprendre les logiques d’invention et d’innovation devient, comme dans d’autres domaines, une question centrale pour les entreprises et les collectivités publiques ainsi que, plus largement, pour l’ensemble des acteurs du tourisme.
Dans ce cadre, l’axe 3 propose de soutenir des équipes pluridisciplinaires sur des travaux dont la contribution vise à l’enrichissement et l’ajustement des modèles permettant de comprendre l’invention, mais également, dans une logique plus applicative, sur la façon dont ces modèles peuvent être réappropriés
par les acteurs en situation.

Axe 4 : Le tourisme : enracinement des pratiques, questionnement des destinées, déconstruction des héritages

Aborder le champ du tourisme d’un point de vue historique devient une nécessité après plus de deux siècles d’existence et, paradoxalement, cette approche n’est pas si développée et structurée qu’on pourrait le croire dans un pays qui se vante d’être la première destination touristique au monde.
Plusieurs angles d’approche pourront être ici privilégiés. D’une part, toute une réflexion pourra être menée sur les sources, les documents et les guides disponibles, qui constituent des matériaux intéressants pour comprendre certaines logiques et processus. D’autre part, un regard historique serait utile pour saisir les jugements moraux qui condamnent, souvent de manière idéologique, les pratiques des touristes et leurs conséquences, depuis les origines ou presque. L’étude historique de ces normes, discours et jugements, permet de renouveler en creux la compréhension des sociétés et des parcours de vie. Ensuite, l’histoire environnementale peut aussi aider à la compréhension du passé à la lumière des interactions entre facteurs humains et facteurs naturels, en phase avec les enjeux écologiques, énergétiques et sanitaires qui affectent actuellement nos sociétés. Il s’agit aussi de saisir par le tourisme les effets localisés des mobilités des diverses classes sociales (en particulier les « invisibles ») en termes d’interactions et de contacts entre elles sur les lieux touristiques ainsi que de ceux entre « touristes » et populations d’accueil. Ici, la biographie des individus peut être une manière originale de saisir l’histoire du tourisme à travers des parcours de vie. Enfin, l’histoire mobilisée à des fins touristiques aujourd’hui, permet de proposer des produits et de développer des projets autour de la mémoire et des grands événements mais aussi, plus récemment, sur l’histoire touristique des lieux, et surtout les premiers d’entre eux qui accueillirent les élites, devenus à leur tour des « ressources patrimoniales ».

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