Séminaire de recherche en tourisme "Transports, mobilités, tourisme : enjeu d'un champ historiographique en devenir"
14 avril 2026

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L’existence maintenant plus que centenaire des Jeux olympiques de l’ère moderne autorise l’appréhension de cet événement par l’étude des cultures –ici entendues comme autant d’imaginaires sociaux mais se déclinant aussi dans leurs pratiques– en lien avec l’olympisme. Le pluriel est de rigueur tant l’appropriation ou la contestation des Jeux olympiques par leurs acteurs et leurs contempteurs peuvent différer de l’idéal olympique tel qu’il fut défini par Pierre de Coubertin (voir sur ce point les travaux de Patrick Clastres).
La dimension culturelle de l’événement olympique est d’abord, dans l’esprit de son fondateur, liée à la référence antique et s’inscrit dans une conception éducative. La culture est pensée par Pierre de Coubertin comme une partie intégrante des Jeux qui comportent, jusqu’en 1948, des épreuves artistiques. Celles-ci expriment une forme de classicisme et apparaissent quelque peu réduites à ce que l’on nommait alors les Beaux-Arts (intitulé du ministère ou secrétariat d’État qui en avait la tutelle dans la France de la IIIe République): architecture, littérature, peinture, sculpture…
Le rapport entre olympisme et culture dépasse toutefois largement ces exemples. Il révèle en effet des formes d’appropriation et d’interprétation de l’olympisme par des groupes sociaux variés, dans une optique parfois divergente. Les Jeux olympiques sont longtemps perçus comme un bastion de l’amateurisme, y compris dans une vision obsidionale par rapport au développement puis au triomphe du professionnalisme, qui finit d’ailleurs par les investir dans de multiples sports au tournant des années 2000. Cette vision est tout à la fois celle d’élites sociales traditionnelles, souvent liées à la noblesse, et qui voisinent au sein du Comité international olympique (CIO), et celle de familles politiques de gauche exaltant l’amateurisme, fût-il d’État comme dans les pays communistes. Les éditions successives des Jeux olympiques sont aussi l’occasion de découvrir des cultures nationales, de manière touristique pour les spectateurs qui se déplacent dans les pays hôtes mais aussi de façon très organisée lors des cérémonies d’ouverture qui expriment de façon croissante une intervention plus ou moins soignée du pouvoir politique. À titre d’exemple, l’édition de Londres en 2012 a été l’occasion de réaliser une fresque d’envergure sur l’histoire britannique, dont il convient naturellement d’interroger, comme pour chaque cérémonie de ce type, les choix via l’accent porté sur certains événements du passé ou au contraire les silences observés. La préparation de l’accueil des Jeux par une ville est aussi l’occasion de choix et de débats sur les infrastructures nécessaires qui mobilise régulièrement artistes et architectes. Le déroulement des JO enfin est occasion d’observation et de médiatisation par des intellectuels (comme l’illustrent les expériences vécues sur les gradins des stades et publiées par Charles Maurras ou Pier Paolo Pasolini).
Si les Jeux olympiques apparaissent donc bien comme de véritables événements culturels, il s’agira de comprendre ceux-ci mobilisent et contribuent à ancrer mais aussi à faire évoluer des cultures olympiques multiformes. C’est l’enjeu des articles que souhaite réunir ce numéro thématique de la Revue d’histoire culturelle, à partir de trois axes principaux, mais non exclusifs:
Cet appel à contribution est coordonné par Fabien Archambault (Université Paris 1) et Fabien Conord (Université Clermont Auvergne)
L’appel complet est disponible à retrouver sur le site de la Revue d’histoire culturelle( XVIIe-XXIe)