Séminaire de recherche en tourisme "Transports, mobilités, tourisme : enjeu d'un champ historiographique en devenir"
14 avril 2026

La revue «In situ aux regards des sciences sociales» propose un appel à communication autour de la question: «Que font les visiteurs au patrimoine?» La date limite d’envoi des propositions est le 8 mars 2023, Dans une problématique générale qui revient à interroger ce que les visiteurs font au patrimoine, et vice-versa, trois axes, non exclusifs, peuvent être tracés.
À la recherche du « nombre idéal » de visiteurs ?
Entre «trop» et «pas assez», quel serait le «bon» nombre de visiteurs? De la «surfréquentation» au «surtourisme», quelles réponses ont été apportées et quelles réponses sont apportées? Qui fait de telles évaluations? Quelle est l’importance des impératifs économiques, sociaux et symboliques dans ces évaluations? Quelles actions en découlent et comment «réguler», si nécessaire, les visiteurs?
À la recherche des «visiteurs idéaux»?
Quel est le décalage entre le «visiteur réel» et le «visiteur idéal» ? Les visiteurs ne forment pas un groupe homogène, ni du point de vue des pratiques ni du point de vue des représentations. Par exemple, est-il tolérable de faire un selfie à l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz? Les visiteurs peuvent-ils s’affranchir des protocoles coutumiers prescrivant ou proscrivant certains comportements? À titre d’exemple, était-il acceptable qu’ils aient par le passé escaladé le rocher d’Uluru (Australie) alors même que les traditions aborigènes l’interdisent? Finalement, qui décide ainsi des «bonnes» pratiques? Et comment envisager la présence des visiteurs– de leur participation active (par exemple lors des fest-noz en Bretagne) à leur observation passive (des sorties de masques au pays Dogon (Mali) aux danses balinaises)– lorsque le patrimoine immatériel est donné à voir?
Comment faire, aujourd’hui, un bilan des fac-similés– tels que, parmi d’autres, les reproductions multiples de la grotte de Lascaux ou de celle Cosquer– ou des mondes virtuels, comme le métavers, qui visent à recréer des éléments du patrimoine? Le regard porté sur des doubles numériques d’œuvres est-il comparable à l’expérience d’un parcours muséal? Autrement encore: comment les mises en spectacles de chants, de danses ou de rituels traditionnels jouent-elles sur leurs réceptions par le public? Ces expériences seraient-elles les modalités actuelles pour, tout à la fois, détourner et alimenter une problématique contemporaine: comment concilier visites et préservation?
Les logiques des visiteurs, porteurs parfois de leurs propres lectures du patrimoine, se croisent avec celles des autres acteurs, les érudits, les experts réunis ou non en associations ou membres des institutions culturelles, qui, à l’occasion, s’érigent en représentants des mémoires officielles. Comment s’articulent-elles les unes aux autres? Comment se déroulent les processus de mémorisation qui, finalement, déterminent ce dont les sociétés se souviennent et de ce qu’elles oublient?
D’une manière générale, donc, les contributeurs répondant à cet appel chercheront à décliner, analyser et confronter les termes du problème soulevé : que font les visiteurs aux patrimoines?
Ces thématiques n’enferment ni ne limitent le sujet. Toutes les autres seront les bienvenues. Le propos général de cet appel est en d’autres termes d’examiner, le plus largement et le plus ouvertement possible, les multiples effets des visiteurs sur les patrimoines. Le champ d’études est mondial et tous les types de patrimoines –matériel, immatériel, naturel, etc.– peuvent être convoqués. L’appel à contributions s’adresse à toutes les sciences sociales et humaines, aux chercheurs, aux praticiens et aux professionnels du patrimoine.
Les articles proposés devront contenir une part inédite de recherche, d’hypothèse ou de mise à jour; ils ne sauraient reprendre la totalité d’un texte déjà paru.
Les textes des articles correspondant aux propositions retenues sont attendus pour le 1er septembre 2023. Vous pourrez rédiger votre contribution en français ou dans votre langue d’usage. Elle sera publiée dans sa version originale et dans sa traduction française. La taille des articles sera comprise entre 15 000 et 35 000 signes, espaces, notes et bibliographie compris.
Les recommandations complètes faits aux auteurs concernant le nombre de pages, les illustrations, l’insertion de notes et de liens, etc. sont consultables sur le site de la revue sur cette page.
Les contributions seront étudiées en conformité avec la politique d’évaluation de la revue. Si vous souhaitez contribuer à ce numéro, nous vous remercions d’envoyer avant le 8 mars 2023 un résumé de votre proposition de 1500 signes au maximum, ainsi qu’un court CV par courriel à insitu.arss@culture.gouv.fr, ou par voie postale à l’adresse ci-dessous :
Ministère de la Culture
Direction générale des Patrimoines et de l’Architecture
Revue In Situ. Au regard des sciences sociales
à l’attention de Nathalie Meyer
6, rue des Pyramides
75001 Paris