Colloque "Le monument aujourd'hui, de pierres et de pixels ?"
9 avril 2026

Paru le
Le rail est devenu un symbole de modernité, de vitesse et de mobilité, et s’est constitué en véritable signe dans l’acception barthésienne du fait de son aptitude sémiotique à faire réseau, à s’agréger à d’autres activités humaines comme le travail, le tourisme, l’évasion, la publicité ou l’aménagement du territoire. Aussi le train a-t-il très souvent interpelé, tantôt avec enthousiasme, tantôt avec méfiance, des auteurs de Jules Verne à François Bon, en passant par Nerval, Flaubert, Zola, Proust, Valéry, Cendrars, Boulle, Butor, Hergé, Carrière, Rolin, Toussaint et tant d’autres.
Dans ce contexte, nous sommes également invités à relire le dialogue du Petit Prince de Saint-Exupéry avec l’aiguilleur, lequel «trie les voyageurs, par paquets de mille [et] expédie les trains qui les emportent, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche», pour signaler combien le trafic ferroviaire, dans son agitation, métaphorise la condition de l’existence moderne: «Ce ne sont pas les mêmes, dit l’aiguilleur. C’est un échange. – Ils n’étaient pas contents, là où ils étaient? – On n’est jamais content là où l’on est» (Saint-Exupéry, 1999: 78-79).
À cet égard, force est de convoquer des ouvrages collectifs qui ont illustré les rapports que noue l’univers ferroviaire avec la fiction, et notamment Les Chemins de fer dans la Littérature (1955) de Raymond Prince, Le Train dans la littérature française (1964) de Marc Baroli, Écriture du chemin de fer (1998) de François Moureau et Marie-Noëlle Polino, et plus récemment Sur les rails. De Victor Hugo à Jacques Roubaud (2018) d’Anne Reverseau. C’est dire combien le rail, dans tout son champ sémantique dérivé (gare, quai, valise, voyageur, compartiment, guichet, chef de gare, cheminot, horloge, vapeur, aiguillage, modélisme, caténaire, horaire) et dans la polyphonie qu’il éveille (sifflet, sonneries, voix, informations, bruit métallique) renvoie à un riche imaginaire littéraire pluriel et transdisciplinaire qu’il y a lieu d’illustrer, approfondir et actualiser.
Aussi, l’Association Portugaise d’Études Françaises, en prolongement de l’Année Européenne du Transport Ferroviaire – et du souci écologique qu’elle sous-tend -, et en complicité avec la Saison France-Portugal lancée par l’Institut Français du Portugal en 2022, dont la longue histoire du Sud Express entre Lisbonne-Porto et Paris (exil, émigration et interactions culturelles) est le symbole métonymique, est-elle heureuse d’annoncer ce forum APEF 2022 qu’elle organise à l’Université de Porto les 29 et 30 novembre 2022, et en raison duquel elle lance cet appel à communications aux chercheurs que la thématique de l’imaginaire du rail ne manquera pas d’intéresser et d’interpeller à partir du corpus de langue française.
Plusieurs axes thématiques sont proposés:
Calendrier:
Courriel: rail.apef2022@gmail.com
Langue de travail: français.
Des frais d’inscription seront demandés:
Le paiement de l’inscription est, entre autres, un soutien à la publication éventuelle dans la revue Carnets de l’APEF (référencée dans Scopus) et/ou la collection «Exotopies» de l’APEF aux Éditions Le Manuscrit (Paris). Les textes feront l’objet d’un avis préalable de la part d’un comité de lecture.