Les territoires de montagne face à la transition

Appel à communication Encore une transition? Les territoires de montagne face aux changements socio-environnementaux

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En décembre 2021, une résolution de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a proclamé 2022 «Année internationale du développement durable des montagnes». Adoptée au consensus, cette résolution invite les États membres, les organisations internationales et régionales et les parties prenantes, y compris la société civile, le secteur privé et le monde universitaire à agir pour sensibiliser à l’importance de la durabilité de la montagne et de ses socio-écosystèmes face aux changements climatiques. Dans ce contexte, le Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (GRESEC) et le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) organisent, avec la MSH-Alpes et le Labex Innovations et transitions territoriales en montagne (ITTEM), un colloque international dont l’ambition est de proposer une réflexion critique sur ces injonctions aux changements socio-environnementaux au sein des territoires de montagne et sur la transition comme catégorie d’analyse de ces changements. Cette notion de transition s’inscrit en effet dans le sillage de celle de développement durable qu’elle tend désormais à supplanter (Oudot et de l’Estoile, 2020) et que l’on retrouve dans les discours politiques, médiatiques et scientifiques relatifs à la montagnéité (Chambru et Claeys, 2022). Pourtant, son usage reste problématique pour les chercheurs en sciences humaines et sociales au motif que cette notion participe à construire un récit qui «projette un passé qui n’existe pas sur un futur qui reste fantomatique» (Fressoz, 2021).

La transition interroge la construction sociale et institutionnelle des territoires de montagne autour d’enjeux économiques, sociaux, culturels, politiques, environnementaux en cours de reformulation. Elles renvoient à des enjeux, des dynamiques et des pratiques participatives plurielles. Ce «participatif» se matérialise simultanément à travers des formes organisationnelles, des processus institutionnels, des expérimentations démocratiques, des innovations sociales, des productions des savoirs, etc. Il est avant tout le produit d’interactions sociales se déployant dans des espaces configurés par des agencements d’éléments tels que des discours, des procédures ou des équipements techniques (Roginsky et al., 2021). Ces formes de participation montagnarde aux transitions désignent donc des situations différentes: elles s’appuient sur des régimes d’actions distincts, participent à des stratégies d’acteurs antagonistes et s’inscrivent dans des temporalités tantôt diachroniques tantôt synchroniques, tout en se déployant au sein de dispositifs et d’organisations.

Cet appel entend ainsi susciter des communications issues de différentes disciplines des sciences humaines et sociales : histoire, sciences de l’information et de la communication, sociologie, géographie, anthropologie, etc. Il a pour ambition de participer à décloisonner les savoirs en vue d’offrir de nouvelles possibilités de compréhension d’objets communs et de questionnements transversaux autour de la montagne (Attali et al., 2014). En ce sens, il s’agit de proposer une réflexion d’ensemble sur la montagne et les nouvelles manières de «faire connaissance» (Arpin et Sgard, 2021). Le contexte montagnard invite en effet à examiner plus précisément les réalités territoriales de la transition, leurs actualités et les défis qu’elles posent aux sociétés montagnardes: tourisme, énergie, mobilité, environnement, santé, alimentation, ressource en eau, aménagement du territoire, sciences, numérique, etc. Ces transitions sont-elles aussi inédites, linéaires et consensuelles qu’annoncées? Quelles clés de lecture l’examen des processus de transition antérieurs peuvent-ils apporter sur l’invention actuelle des territoires? En quoi le renouvellement discursif et communicationnel participe-t-il de ces dynamiques socio-politiques? En quoi les territorialités montagnardes se singularisent et se distinguent-t-elle d’autres territoires s’affichant eux-aussi en «transition»?

En savoir plus: ici (versions française et anglaise, en pdf).

Axes de recherche

Les communications attendues peuvent s’inscrire dans l’un des trois axes suivants:

  • Recherche scientifique en montagne: territorialisations, représentations, engagements.
  • Organisations des territoires de montagne: échelles, gouvernances, dynamiques participatives.
  • Conflits territoriaux en montagne: controverses, mobilisations, médiatisations.

Modalités de contribution

Les propositions anonymisées devront présenter leur objet d’étude, le cadre théorique, la problématique, les éléments empiriques et la bibliographie (4000 signes). Les propositions dépassant le cadre alpin sont les bienvenues. Elles sont à soumettre en français ou en anglais sur http://transalpes.sciencesconf.org, avant le 10 juillet 2022.

Les communications dureront 20 minutes suivies d’un temps d’échange.

Le colloque aura lieu les 1er et 2 décembre 2022 à la MSH-Alpes, située sur le Domaine Universitaire de Grenoble Saint-Martin d’Hères, au 1221 avenue centrale. Il sera également accessible en visioconférence et à suivre sur les réseaux sociaux.

Une publication scientifique est prévue suite au colloque.

Calendrier

  • Remise des propositions (résumés) : 1er juillet 2022
  • Réponse et sélection : 30 septembre 2022
  • Colloque : 1er et 2 décembre 2022

Comité d’organisation

  • Mikaël Chambru (GRESEC, UGA)
  • Emma-Sophie Mouret (LARHRA, UGA)
  • Marie Cambone (GRESEC, UGA)
  • Raphaël Lachello (LARHRA, UGA)