AAC colloque "Le monument aujourd’hui, de pierres et de pixels?"
19 décembre 2025

Paru le
Le prochain Séminaire de Recherche en Tourisme, organisé par l’ESTHUA, Institut national de tourisme – INNTO France, avec le soutien du GIS Études touristiques et de l’axe 5 de la SFR Confluences, aura lieu lundi 12 janvier 2026, en présentiel et en distanciel, de 14h à 15h20. Ce séminaire, animé par Matis GUÉRIN, doctorant, laboratoire ESO (UMR CNRS 6590), ESTHUA, Institut national de tourisme-INNTO France, aura pour thème “Nettoyer l’image urbaine. Enjeux hygiénistes dans l’appropriation et la resignification touristique de l’espace public à Oaxaca de Juárez, Mexique.”

Le séminaire s’intéresse aux contradictions qui structurent les relations d’appropriation de l’espace public en contexte touristique et patrimonial, à partir du cas de la pratique du graffiti et sa régulation à Oaxaca de Juárez (Mexique). Destination phare du tourisme culturel, la ville connaît depuis vingt ans une mise en tourisme accrue, source de tensions. Parallèlement, la pratique du graffiti contestataire s’y développe considérablement depuis la fin des années 2000. Elle mobilise une grammaire critique héritée d’un mouvement social majeur, en 2006, mais s’empare paradoxalement peu des problématiques liées aux conséquences du développement touristique. D’abord classés parmi les formes de « pollution visuelle » altérant « l’image urbaine » de ce centre historique inscrit au patrimoine mondial, ces graffitis acquièrent à la suite de cet épisode une fonction malvenue de médiation visuelle de la conflictualité politique. Ils font à ce titre l’objet de tentatives d’encadrement, dont nous cherchons à restituer la trajectoire, les articulations et les écueils.
L’exposé met d’abord en lumière la façon dont le secteur de la propreté, en s’affirmant comme acteur de la politique patrimoniale, symbolise l’ascendant pris par l’approche technique sur l’approche pénale dans la régulation du graffiti. L’idéal post-hygiéniste porté par les activités d’effacement se heurte toutefois à l’émergence de nouvelles centralités touristiques, où les conditions d’empêchement du nettoiement révèlent des conflits entre élites. Enfin, nous examinons les canaux par lesquels la graphique contestataire est mise en tourisme, entre insertion pragmatique des collectifs de graffeur·euse·s à l’économie touristique et resignification exogène de motifs retenus pour leurs qualités esthétiques.
Le séminaire se déroulera en mode hybride :
Pour plus d’infos consulter: https://www.univ-angers.fr/fr/acces-directs/facultes-et-instituts/ufr-esthua-tourisme-et-culture/recherche/nos-evenements.html