Séminaire de recherche en tourisme "Transports, mobilités, tourisme : enjeu d'un champ historiographique en devenir"
14 avril 2026

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Le vendredi 27 mars dernier, Sylvine Pickel-Chevalier, professeure de géographie à l’ESTHUA, Institut national de Tourisme – INNTO France, Université d’Angers, intervenait dans l’émission de radio “Zoom Zoom Zen” sur France Inter, sur le thème “Bali : entre essor touristique et quête d’authenticité”.
Pourquoi autant d’influenceurs semblent trouver refuge à Bali ? Quelle est l’histoire de Bali ? Quelles sont ses particularités ? L’invitée est Sylvine Pickel-Chevalier, professeure de géographie à l’ESTHUA, Institut national de tourisme – INNTO France, université d’Angers (UMR CNRS 6590 Espaces et Sociétés) spécialiste du tourisme en Indonésie en général et de la société balinaise en particulier.
En 2025, il y a eu 7 millions de touristes internationaux et 9,5 millions de touristes domestiques. Plus que de “surtourisme”, Bali souffre d’un phénomène de surfréquentation, en raison d’une forte concentration de l’activité touristique dans l’espace, au Sud, privilégié depuis la fin des années 1960, et dans le temps. Il y a aussi une saisonnalité à Bali, après la saison des pluies, à partir de mars, dans le sud de Bali. L’arrivée massive d’influenceurs et de “digital nomads” transforme l’île en une sorte de décor artificiel déconnecté de la réalité locale. Ces nouveaux résidents privilégient des villas de luxe qui ne respectent ni l’architecture traditionnelle ni les rites religieux balinais, fondés sur un droit coutumier strict. Sylvine Pickel-Chevalier ne critique pas le tourisme, qu est essentiel à la société balinaise, qui s’est co-construite dans une dialogique entre tourisme culturel et culture touristique (Picard, 1992) depuis plus d’un siècle. Toutefois, il faut que les Balinais restent au cœur du tourisme : “Cette reconnaissance, cette valorisation par nombre de touristes, il faut le dire, ça leur permet à la fois d’être fiers de leur culture, de donner de l’attrait à leur culture pour les jeunes, parce qu’ils pourraient très bien s’en détourner, et ça permet aussi l’émancipation des femmes, donc il y a plein d’aspects positifs.”
Pour demeurer un vecteur de développement, les Balinais doivent rester acteurs d’une mise en tourisme, qui devrait être davantage régulée d’un point de vue économique, social et environnemental”.