AAC Revue In Situ - Revue des patrimoines - Septembre 2026

Appel à contributions “In Situ. Revue des patrimoines”

Catégorie : À la une

“In situ. Revue des patrimoines” lance un appel à contributions ayant pour thème « La patrimonialisation des châteaux du 19e siècle, enjeux et spécificités ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 200 châteaux dans le Maine-et-Loire, plus d’un millier en Dordogne, 742 en Haute-Vienne, 400 en Sologne, de 70 000 à 100 000 unités à l’échelle nationale selon certaines estimations, les châteaux constituent en réalité la typologie de constructions la plus importante du patrimoine national, loin devant les églises et les équipements publics du 19e siècle. Si ce vaste corpus reste encore largement à apprécier d’un point de vue quantitatif, comment appréhender les spécificités patrimoniales d’un tel programme dans ses multiples développements à une échelle de temps allant de 1830 à 1914, objet du présent appel à contributions ?

Contexte

La définition même du château varie selon les auteurs et dans le temps : si, selon Littré, le « château » désigne une « habitation d’un domaine seigneurial » ou une « grande et belle maison de plaisance à la campagne avec ou sans propriété », Quatremère de Quincy s’en tenait au terme de « maison » dont la grandeur et l’opulence peuvent varier, et Jean-Marie Pérouse de Montclos considérait le « château » comme une catégorie de « demeure ». Il est vrai que le mot même prête à confusion, de la période romantique à la Première Guerre mondiale : certaines villas suburbaines ne se parent-elles pas à dessein de ce titre, comme toute demeure contemporaine d’un peu d’envergure ? On le comprend, le terme « château » soulève nombre d’ambiguïtés et ne s’assimile pas exactement à la country house anglaise, qui symbolise à la fois une très grande demeure mais surtout son contexte rural et le plus souvent les terres qui lui sont associées.

On ne sera donc pas surpris que l’historiographie relative à la question du château au 19e siècle soit des plus réduites. Il faut attendre la publication en 1988 de l’ouvrage dirigé par Jean-Pierre Babelon (Le Château en France) pour que les châteaux du 19e siècle commencent à être réhabilités. Ces dernières décennies, plusieurs publications ont poursuivi l’ambition d’étudier cette ère nouvelle des châteaux à des échelles régionales. À ces travaux s’ajoutent des études thématiques (les « châteaux de l’industrie » ou les « châteaux d’usines » par exemple) ou à caractère monographique, et dont un inventaire exhaustif mériterait d’être dressé.

À bien des égards, le 19e siècle s’impose comme un nouvel âge d’or du château en France, dans une dynamique portée par l’immense effort de reconstruction qui s’engage au lendemain des événements révolutionnaires. En réalité, le programme du château focalise tout un amalgame de desseins et d’ambitions à l’époque contemporaine qui partagent le même besoin de s’inscrire dans un temps long à l’échelle d’un territoire – rural ou périurbain.

Dans le cadre de cet appel à contributions, une approche de la question du château dans une visée globalisante – de l’habitation au domaine foncier – dans ses multiples développements et dimensions, sera privilégiée, afin d’appréhender ce patrimoine dans toute sa complexité et sa diversité. De même, en raison de son ampleur et de ses multiples implications, le château ou le grand domaine du 19e siècle est susceptible d’être interrogé dans une visée transversale et pluridisciplinaire. Des exemples européens et nord-américains de châteaux inspirés ou construits par des architectes français, pourront être proposés au regard de spécificités et de qualités propres. Si des études thématiques sont privilégiées, les investigations inédites à caractère monographique peuvent se révéler particulièrement éclairantes.

Axes et problématiques

  • Axe 1 : Enjeux patrimoniaux d’un programme de grande échelle
  • Axe 2 – La construction, l’aménagement et le décor
  • Axe 3 : De l’usage résidentiel à de nouveaux programmes
  • Axe 4 : Comparaisons et mise en réseau

Coordination scientifique

  • Philippe Dufieux, professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon
  • Gilles Maury, maître de conférences HDR à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille
  • Guy Massin-Le Goff, conservateur du patrimoine

Modalités de soumission

Les articles proposés devront contenir une part inédite de recherche, d’hypothèse ou de mise à jour ; ils ne sauraient reprendre la totalité d’un article déjà paru. Il est souhaité qu’ils soient largement illustrés, y compris par des exemples sonores et/ou audiovisuels. Ainsi pourraient-ils contenir ou prendre la forme d’un entretien vidéo.

Les contributions doivent comporter :

Calendrier

La date de soumission des textes est fixée au 30 septembre 2026.

Les textes des articles correspondant aux propositions retenues sont attendus pour le 1er mars 2027.

  • Article rédigé en français ou dans la langue d’usage. Il sera publié dans sa version originale et dans sa traduction française.
  • La taille des articles doit être comprise entre 15 000 et 35 000 signes, espaces et notes comprises.

 

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