Appel à communication : Approche interdisciplinaire du thermalisme et des villes thermales : Exploitation de la ressource “eau “, patrimonialisation, adaptabilité du milieu

Paru le 18 janvier 2024
La séance du 7 décembre 2024 de l'Association de géographes français (AGF) sera consacrée à l'approche interdisciplinaire du thermalisme et des villes thermales : Exploitation de la ressource « eau «, patrimonialisation, adaptabilité du milieu. L'appel à communication est lancé.

Cette séance s’inscrit dans un mouvement d’émulation autour du thermalisme que ce soit sur le plan de la recherche ou sur le plan économique avec la nomination en 2021 d’un coordinateur interministériel en charge de la relance du thermalisme et du tourisme de montagne (mission renouvelée en juillet 2023) et la présentation en 2022 d’un Plan de soutien et de développement des stations thermales par J.-B. Lemoyne, Ministre délégué chargé du tourisme.

Cette journée de l’Association de Géographes Français apparaît comme une opportunité de contribuer à revisiter et actualiser le champ du thermalisme. Elle a pour objectif d’interroger la place actuelle du thermalisme dans nos sociétés et son impact sur les territoires et les différentes manières d’exploiter l’eau thermale. Les angles d’approche sont variés. Eu égard à la richesse des perspectives, quatre axes principaux vont occuper cette séance de l’AGF.

  • l’adaptabilité du thermalisme ces vingt dernières années ;
  • l’eau thermale, comme manne économique à exploiter ;
  • la gestion du patrimoine thermal, que ce soit en termes urbanistiques ou à des fins touristiques ;
  • le thermalisme à l’international.

Les communications venant d’autres disciplines (histoire, sociologie, sciences de gestion, STAPS, géologie…) seront appréciées pour une approche interdisciplinaire du sujet.

Axe 1 :

L’axe 1 permettra de réfléchir à l’adaptabilité du thermalisme à la société actuelle. La dictature du bien-être imposée par les médias actuels, une politique nationale de prévention liée au vieillissement de la population, la vogue des soins naturels sont autant de facteurs positifs pour le développement du thermalisme. Mais ce dernier doit faire face à de nombreux concurrents (centres de thalassothérapie, spas urbains). Outre l’adaptabilité du produit (cures de remise en forme, stations de pleine santé, etc), on peut aussi s’interroger sur l’adaptabilité organisationnelle du secteur. Pensons aux clusterx Aqui O Thermes ou Innovatherm qui font fi des concurrences classiques entre stations pour s’unir et gagner des parts de marché.

Axe 2 :

L’axe 2 abordera le thermalisme sous l’angle d’une ressource économique. Si les effets du thermalisme sont sujets à caution, il est indéniable qu’il génère un nombre conséquent d’emplois, des effets commerciaux indirects et des subsides financiers aux communes. Cet apport financier venant en partie de l’exploitation de l’eau thermale questionne le modèle économique. L’eau thermale : « Est-ce un bien public qui appartient à tout le monde ou un bien marchand à mettre en valeur sur le plan économique ? (Pfund, 2021). Logiquement, elle est un bien public, qui sort naturellement d’un griffon ; pourtant, elle est privatisée et vendue. Si l’eau thermale est utilisée en priorité pour les activités curatives et ludiques, elle commence aussi à être exploitée par certaines communes comme une nouvelle source d’énergie par des travaux de géothermie. Enfin, n’oublions pas que le thermalisme est un tourisme à part entière apportant des dividendes.

Les villes thermales sont au final des systèmes dans lesquels interviennent de multiples acteurs avec chacun leurs propres intérêts : élus, médecins, professionnels du tourisme (que ce soit les OT, les groupes privés qui investissent dans l’exploitation de l’eau thermale, des hôteliers…), de la géothermie, etc. Quelles relations ces acteurs entretiennent-ils entre eux (alliances, luttes, recherche de domination) ? Comment sont gérées et développées les stations thermales ?

Axe 3 :

L’axe 3 renvoie à la question de la gestion du patrimoine thermal hérité des siècles précédents. Atouts pour certains, contraintes financières pour d’autres, les friches thermales sont très souvent source de discussion au sein des conseils municipaux. Quels nouveaux usages à donner en effet aux bâtiments thermaux désaffectés ? Certaines collectivités ont travaillé sur la mise en patrimoine des paysages thermaux. Leurs efforts se sont concrétisés en 2021 par l’inscription en réseau de onze villes d’eaux d’Europe au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette inscription est-elle un levier pour le développement d’un tourisme patrimonial ? Est-ce un outil au service d’un marketing territorial ?

Axe 4 :

L’axe 4 permettra d’ouvrir la séance à l’international en s’interrogeant sur le rôle culturel qu’ont les pratiques thermales dans certains pays. On pense notamment au Japon avec les onsens ou à l’Europe de l’Est où les bains font partie intégrante du mode de vie (en Hongrie par ex.). Qu’en est-il en Amérique du Nord qui n’a pas le passé thermal français, voire européen, hérité de l’Antiquité ? Ce regard sur l’étranger permettra de s’interroger sur le modèle français, en particulier sa facette (trop ?) médicale.

Informations pratiques

  • Calendrier
    • Les propositions de communication sont attendues pour le : 1er septembre 2024
    • Les réponses aux propositions de communications seront données à leurs auteurs au plus tard le 1er novembre 2024.
  • Modalités  de soumission des communications
    Les propositions de communication (500 mots environ sans bibliographie) accompagnées de 5 mots-clés sont à envoyer accompagnées d’un titre et d’une courte présentation de l’auteur (statut, université́ ou organisme de rattachement, laboratoire de recherche …) à Marie-Ève FÉRÉROL à l’adresse suivante : mefererol@gmail.com
  • Publications
    À l’issue de la journée d’étude, les textes sélectionnés seront édités dans un numéro de la revue de l’AGF, le BAGF (Bulletin de l’Association de Géographes Français). Informations disponibles sur OpenEdition Journals :  https://journals.openedition.org/bagf
  • La journée se déroulera le 7 décembre 2024 à l’Institut de Géographie de Paris, 191, rue Saint-
    Jacques – 75 005 Paris.
  • Pour plus d’informations, télécharger l’appel à communications complet : ICI